Marcilloles est une
commune de plaines où l’habitat est concentré et réparti entre le
hameau des Poipes, qui semble être le plus ancien, et le village.
Ce dernier peut
lui-même être divisé en deux : une partie sud où le bâti est
implanté de façon linéaire le long de la départementale 519 et du
chemin de fer, et une partie nord où l’habitat se répartit le long
des différentes rues.
Les Poipes.
Il s’agit d’un
hameau plus ou moins situé sur les hauteurs par rapport au village.
L’habitat y est relativement groupé mais non mitoyen. Les façades
principales sont plutôt exposées au sud. On y trouve plutôt des
bâtiments où logis et dépendances sont accolés l’un à l’autre,
souvent suivant un plan en L.
Certains logis semblent avoir été initialement des maisons
regroupant toutes les fonctions sous le même toit.
Dans le village, le
long de la départementale,
le bâti est essentiellement constitué de fermes qui
abritaient autrefois des commerces et des artisans. La plupart ne
sont pas mitoyennes et disposent de dépendances situées sur
l’arrière et délimitant plus ou moins l’espace de la cour qui n’est
pas toujours fermées. Quelques maisons possèdent un passage couvert
aménagé sous le fenil permettant d’accéder directement depuis la rue
dans cette cour. Quelques unes conservent également des traces de
décors peints. Le bâti a pour grande partie été transformé à la fin
du XIXe ou au début du XXe siècle. L’alignement sur le côté nord a
d’ailleurs été réalisé dans les années 1870 (plusieurs maisons ont
été amputées à cette occasion, excepté la maison du maire de
l’époque).
Vers la mange ou
les Blaches,
le bâti est essentiellement construit en longueur, de type « accolé »,
avec un logis bien identifiable surmonté d’un toit à quatre pans.
Parfois, le logis et les dépendances sont cependant réunis sous un
même toit, souvent prolongé par une dépassée de toiture. Les corps
de logis sont en général perpendiculaires à la route, avec leurs
façades principales orientées au sud.
Dans la rue de la
Guillotière, certains corps de logis sont parallèles à la route,
alignés sur la chaussée, et dans ce cas, la façade principale donne
sur
l’arrière-cour située sud-est. Si la plupart des bâtiments de ces
deux quartiers sont aujourd’hui de type « accolé », il est difficile
de déterminer la typologie d’origine. En effet, certains exemples,
encore conservés aujourd’hui, tendent à prouver qu’il s’agissait au
départ de bâtiments avec logis et dépendances dissociés qui auraient
transformés par la suite. Ces deux quartiers présentent également de
nombreuses traces de décors assez intéressants en chaînages, au
niveau des encadrements et sous les dépassées de toiture. Toutes les
cours sont fermées par des portails en fer à claire-voie encadrés
par deux piliers en béton. Au début du siècle, ces piliers furent
moulés par l’entreprise « OLIER » (certains portent l’inscription
Viriville/olier). Plus tard, un autre entrepreneur, du nom de CUMIN,
prenant les empreintes du pilier, transforma l’inscription en Cumin/Viriville.
On trouve ces deux types de piliers sur l’ensemble de la commune. On
retrouve également de nombreux murs de clôture en pisé sur
l’ensemble de la commune (quelques-uns sont en galets).
Les murs sont
généralement construits en pisé (avec gros graviers et peu de chaux)
sous un petit soubassement en galets. Deux maisons avec une partie
maçonnerie en pans de bois et torchis ont été repérées. Les angles
de maçonnerie sont souvent constitués par la rencontre de deux murs
en pisé sans qu’il y ait de maçonnerie particulière. Quelques uns
sont cependant en briques. Les ouvertures sont parfois en molasse
(généralement au rez-de-chaussée), plus souvent en briques, et en
ciment moulé pour les habitations les plus récentes. Le bois est
plutôt utilisé sur les dépendances. Beaucoup de maisons sont percées
d’oculi au niveau des combles.
De nombreux puits sont conservés sur toute la commune. Presque
toutes les maisons ont leur propre puits, mais quelques uns (aux
Poipes et à la Guillotière ) sont communautaires. Quelques sources
et quelques bassins ont aussi été repérés. La commune est également
traversée par le cours d’eau du Rival. Plusieurs inondations ont
d’ailleurs emporté des maisons au cours des deux derniers siècles.
Quelques fours privés desservant plusieurs maisons ont été localisés
et il reste également un four banal au hameau des Poipes.
Cultures :
polyculture
(céréales) ; un peu de tabac, un peu de noix ; nombreuses vignes
autrefois (structure parcellaire remarquable par ses nombreuses
divisions ; parcelles en longueur).
Présence de
nombreuses caves (sous la cuisine ou sous tout le logis, avec un
accès par l’intérieur). Un peu de ver à soie (il existait autrefois
une soierie et un magnanerie au couvent).
Utilisation des
vaches et des chevaux.
Fêtes organisées à l’occasion des vendanges et des moissons.
Les Poipes
Grosses fermes
vraisemblablement du XVIIIe siècle et probablement de type dissocié
à l’origine mais dont les dépendances auraient disparues. Le logis
est très homogène et non transformé. L’intérieur est également très
intéressant car non transformé depuis une cinquantaine d’années et
conservant tous les aménagements d’origine du logis. Les murs sont
construits en pisé et les encadrements d’ouvertures sont en molasse
au rez-de-chaussée et en bois aux étages. L’ensemble est assez
exceptionnel et mériterait plus que tout autre d’être étudié et
sauvegardé. L’extérieur se trouve aujourd’hui envahit par les
broussailles.
La Mange
Maison conservant
des décors peints intéressants.
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